Crise des banques régionales US


Faillte banque

L’histoire d’une petite tirelire auto-alimentée qui se transforme en Ogre qui mange ses enfants…

Ces derniers jours, les petites banques régionales et sectorielles américaines souffrent et meurent. Mais elles ne le font pas en silence. On cite la désormais célèbre Silicon Valley Bank (SVB), mais aussi la Silvergate Bank, la Signature Bank, la Western Alliance, la Key Bank, le Citizens Financial Group, le PNC Financial Services ou la First Republik Bank. Les unes et les autres finançaient des investissements dans la Tech, le Green Washing et les cryptomonnaies.

Le premier problème est que ce qui les a fait tomber est présent dans des centaines de banques y compris les plus grosses.

Le phénomène est d’une telle simplicité, si prévisible, qu’on a peine à croire que les « grands argentiers » s’y soient fait prendre. Quand les taux montent, les Obligations baissent… Le B-A-BA.

La tirelire auto-alimentée

Les Quantitative Easing (Planche à billets) pratiqués par les Banques Centrales depuis la crise des subprimes, reconduits activement depuis 2014/2015 et renforcés pour les beaux yeux du Covid ont inondé le secteur bancaire au point que les opérateurs n’ont plus su où placer l’argent. Le pire est que les taux (parfois négatifs) étaient si bas qu’il n’était même pas rentable de le placer.

Mais par dépit et parce que les banquiers doivent justifier de leur job, ils ont acheté des Obligations d’Etats et d’entreprises en échange d’1 % (souvent moins) de rémunération à 2 ans, 5 ans, 10 ans… Elles ont même payé pour qu’on leur emprunte !!! (taux négatifs)

Crédits faciles, abondants et rentables pour les entreprises et les particuliers, l’économie tournait à plein. Dans ce trafic en surchauffe, amplifié par les spéculateurs et autres margoulins, les banquiers se sont habitués et revendaient les Obligations de leurs propres actifs, contre des liquidités pour racheter encore et encore d’autres Obligations dans un circuit sans fin puisque le robinet de liquidités était grand ouvert. Tout ça pour gagner peu à chaque fois mais pour gagner à tous coups.

La finance dans un rythme effréné a transformé l’économie en une vis sans fin, un moulin toujours gorgé d’eau, une tirelire auto-alimentée.

La cigale, ayant chanté Tout l’été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue.

Mais quand l’inflation fut venue, les taux montèrent.

Les cigales ne purent plus revendre leurs obligations puisqu’il est devenu plus rentable pour les opérateurs d’acheter des Obligations fraîches rémunérant désormais à 5 %. Plus personne ne veut plus des vieilles Obligations ne rapportant que 1 malheureux %. Le matelas d’actifs s’est réduit en quelques semaines comme peau de chagrin et les petites banques se sont retrouvées sur la paille. Écroulement de la valeur des actifs en Obligations, coupure du robinet à billets, disparition des collatéraux nécessaires sur le REPO (marché de compensations bancaires), retraits intempestifs de gros clients, « pas un seul petit morceau de mouche ou de vermisseau » … et c’est la fin.

Premier problème donc : TOUTES les banques subissent le même scénario. La SVB tombe en premier alors que ses finances n’ont rien à voir, en terme d’actifs pourris, avec ce que les grosses banques recèlent !

Second problème : Pourquoi aussi peu d’anticipation ? SVB est tombée dans un guet-apens tendu par les grosses banques (les « too big to fail »).

– Ces dernières sont tellement aux abois qu’elles cherchent à absorber la clientèle, les dépôts et les crédits des petites banques pour se refaire la cerise (court terme).

– Et surtout, adresser un coup de semonce à la FED pour la forcer à rabaisser ses taux directeurs et, ce faisant, redonner de la valeur aux Obligations actuellement en situation de perte latente dans leur actifs.

Il faut savoir que la perte latente (NB : tant que les Obligations à taux bas ne sont pas monnayées, la perte est dite latente) de tout le système bancaire US est estimée à 600 milliards de $ (hors produits dérivés)

Et c’est efficace puisque, sans le dire, la FED, en outrepassant la règle d’une garantie de 250 000 $ par compte en cas de faillite, réémet du cash ex-nihilo (planche à billets). Et il est à prévoir que ce sera le cas pour toutes les faillites qui vont s’enchaîner.

La FED ne pourra pas tenir bien longtemps ce rythme de renflouement total des clients de banques faillies.

En conséquence, pour éviter l’hémorragie, elle devra redonner une « nouvelle jeunesse » aux vieilles Obligations (et surtout sauver l’actif des grosses banques) en rabaissant ses taux.

Et rebelote !! pour un cycle de planche à billets et d’argent gratuit.

Et donc l’inflation ne sera pas endiguée, et ce sont les citoyens qui subiront la dépréciation de leur pouvoir d’achat (baisse de la valeur monétaire).

Et le monstre de la finance continuera de s’épanouir.

L’histoire se déroulera jusqu’à la fin du jeu de Monopoly où le gagnant n’aura plus aucun client capable d’acheter, …ce qui signifie qu’il ne pourra plus vendre.

L’ogre mangera ses enfants jusqu’à ne plus avoir de descendance.

A moins d’une bonne guerre !!


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