Le Fascisme est de Gauche


Mosaique de tyrans socialistes

Aux JEAN MOULIN DE SALON qui voient des NAZIS et des FACHOS partout (… sauf là où ils sont : à l’Élysée et à Bruxelles), chers fanatiques de Gauche qui voient des croix gammées partout sans voir les faucilles, marteaux et autres petits livres rouges qui jonchent le sol ensanglanté de vos permanences militantes, ouvrez un livre d’histoire, et vous constaterez que tous les fascismes, totalitarismes et dictatures sont nés de dérives de Gauches socialistes (idéologies et représentants confondus), et en premier lieu celle du petit moustachu.

Avant de détailler, et pour ceux qui ne prendront pas la peine de lire jusqu’au bout, commençons par quelques mises au point rapides.

Les pleins pouvoirs à Pétain ont été votés par une assemblée de Gauche issue du Front Populaire (détails des votes plus bas).
Laval était un socialiste ; Doriot, un socialiste ; Déat et Bousquet, des radicaux de Gauche ; Mitterrand, membre du gouvernement de Pétain dès 1941, leader de la Gauche et ancien de la francisque.
Les totalitarismes historiques ont été propulsés par Lénine, Staline, Pol Pot, Mao, Trotsky, le Che, Castrotous des gentils gauchistes habités par le souci du Bien Commun.
Hitler, galvanisé par sa vocation populaire, était un national-socialiste.
Mussolini, galvanisé par la même ferveur populaire, était le champion de la Gauche italienne…
Thiers, boucher de la Commune, était radical de gauche.
On doit aussi se souvenir des inspirateurs de la Gauche comme Robespierre et son Être suprême, de la Terreur et des décapitations à la chaîne, du massacre des vendéens… que des réjouissances « progressistes ».
Quel est le gouvernement qui a le plus privatisé ? : celui de Jospin
Qui a vendu la France à l’ultralibéralisme ? : Mitterrand.
Qui a vendu la France à l’Europe allemande ? : Delors.
Qui a créé la CSG ? : Rocard.
Etc…

Un peu plus de détails ?

Octobre 1939 : Maurice Thorez, Secrétaire général du Parti communiste de 1930 à 1964, acteur de la « stalinisation » du parti, déserte l’armée française et va se réfugier chez son vrai maître, Staline. Il y passera la guerre au chaud. Les membres de l’escadrille Normandie-Niemen refuseront de lui serrer la main.
Gracié par le général de Gaulle malgré sa désertion, il fait l’objet, après-guerre, d’un culte de la personnalité au sein de son parti, peuplé de membres peu regardants sur son passif peu glorieux.

Début 1940 : 61 députés communistes sont déchus de leur mandat en raison de leur allégeance au Reich pour cause de pacte germano-soviétique.

Les 3 principaux partis collaborationnistes sont fondés par des personnalités de Gauche :
Jacques Doriot,
le Parti populaire français (PPF)
Marcel Déat,
le Rassemblement national populaire (RNP)
Marcel Gitton, le Parti ouvrier et paysan français (POPF)

Le vote du 10 juillet 1940 : les pleins pouvoirs à Pétain

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vote_des_pleins_pouvoirs_constituants_%C3%A0_Philippe_P%C3%A9tain

Le 10 juillet 1940, la Chambre issue des élections législatives du 3 mai 1936, vote les pleins pouvoirs à Pétain … Une chambre dont la majorité des députés ont été élus en 1936 sous l’étiquette « Front Populaire ».
Sur 660 députés et sénateurs présents, près de 88 % des suffrages exprimés votent « Pour » :
565 parlementaires votent « POUR »
– 70 parlementaires votent « CONTRE »
20 abstentions
– 5 refus de vote

Détails du vote

DROITEGAUCHENon-inscrits
POUR20131549
CONTRE2149 
Abstentions, absences excusées ou pas, refus de vote53938
Retenus sur le Massilia (projet de qques parlementaires d’exiler le gvt en Afrique du Nord)324 
A Londres22 

On constate d’emblée que la Gauche a voté majoritairement « Pour » les pleins pouvoirs.
Mais disons qu’on veuille contredire ce résultat en allant chercher parmi les absents « héroïques » ou pas.

Agrégations des tendancesDROITEGAUCHENon-inscrits
les POUR avec les « courage, fuyons ! » (abstentions, etc.)25440857
les CONTRE et les résistants du Massilia et de Londres2675 

Ainsi chaque façon de compter montre que les votes de Gauche ont largement contribué à l’instauration des pleins pouvoirs de Pétain (même s’ils sont aussi majoritaires dans les votes « Contre » mais considérablement moindres que les votes « Pour »).
Enfin le score s’aggraverait encore, si on préjugeait du vote des 61 communistes (de Gauche donc) déchus en Janvier 40 et favorables à l’Allemagne nazie.

Parmi les représentants de Gauche issus du Front populaire, 127 députés et sénateurs présents étaient de la SFIO. Parmi eux, 85 votèrent « pour », 36 votèrent « contre » et 6 se sont abstenus.

Détail sur les communistes

Les quelques communistes présents – parce qu’ils avaient dénoncé le pacte germano-soviétique – votent en majorité pour Pétain.
Quant aux autres, ceux qui sont restés fidèles à la nouvelle ligne du parti, soutiennent le pacte et sont donc hostiles à tout effort de résistance nationale… et ce n’est certainement pas sur eux, le 10 juillet 1940, qu’on aurait pu compter pour défendre une République dont ils dénonçaient, depuis l’automne 1939, le caractère impérialiste, belliciste et bourgeois. Le résultat du vote du 10 juillet aurait été largement conforté.
De juin 40 à juin 41, le PCF collabore avec les nazis qui ré-autorisent la parution de l’Humanité (ils vont benoîtement à la Kommandantur pour le demander) … Le PCF ne rentrera en résistance qu’en juin 41 quand Hitler attaque l’URSS.
Entre temps, les communistes et les CGTistes avaient saboté les chaînes d’armements françaises (obusiers, avions) se rendant coupables de la mort de soldats et d’aviateurs français et, par conséquent, coupables de haute trahison.

Mention spéciale

En 1941, François Mitterrand rejoint le Régime de Vichy du Maréchal Pétain et reçoit en 1942 la francisque (emblème du pétainisme). Il est pourtant désigné candidat de l’Union de la Gauche en vue de l’élection présidentielle française de 1965, perd face au président sortant Charles De Gaulle, puis devient en 1971 premier secrétaire du Parti Socialiste, leader de la Gauche jamais désavoué jusqu’à la fin de ses 2 mandats présidentiels et sa mort en 1995.


En novembre 1944, 84 parlementaires SFIO furent exclus du Parti (sur 166 parlementaires au total, soit 51 % du groupe…) ; 15 seront réintégrés par la suite.

Sur les 21 ministres du Front Populaire, 12 furent exclus (dont 9 votèrent les pleins pouvoirs) à la libération.

En annexe, à la fin de cet article, la liste des ministres déchus, des députés et sénateurs, pétainistes, personnalités de gauche et cégétistes collaborationnistes actifs.

Rappel des exploits éparses des forces de Gauche dans le monde

– En 1865, le Parti Démocrate américain vote majoritairement contre le 13ème amendement de la Constitution américaine, qui fournit un cadre juridique solide à l’abolition de l’esclavage, décrétée par le Président républicain des États-Unis Abraham Lincoln en 1863.
Certains démocrates rejoignent le Ku Klux Klan (KKK), fondé quelques jours après l’entrée en vigueur de cet amendement.

En 1912, Benito Mussolini devient membre du Parti Socialiste Italien et directeur du quotidien socialiste Avanti!, puis crée en 1921 le Parti National Fasciste.

En 1919, Adolf Hitler adhère au Parti des Ouvriers Allemands, fondé par des socialistes révolutionnaires. A la demande d’Hitler, en 1920, ce parti change de nom en Parti National-Socialiste des Ouvriers Allemands, plus couramment nommé « Parti Nazi ».

– Le Communisme, de toutes les idéologies totalitaires est celle qui a généré le plus grand nombre de victimes à raison de 100aines de millions de morts.
On citera donc le Communisme soviétique dont le plus sanguinaire fut Staline accompagné de son chef du KGB de l’époque, Lavrenti Béria. Sans oublier le non moins sanguinaire, et plus fanatique encore, Léon Trotsky.

Le Communisme chinois de Mao et sa tristement célèbre et quasi génocidaire Révolution Culturelle

Le Communisme cambodgien mené par le tortionnaire Pol Pot qui entreprit, sur la foi d’une révolution culturelle relevant de la psychiatrie, un auto-génocide qui décima la moitié du peuple cambodgien (2 millions de morts)

La Révolution cubaine dont la figure emblématique était Che Guevara. Il est acquis désormais que ce personnage fut d’une radicalité tyrannique et peu avare de massacres et d’exécutions sommaires.


Mais l’hydre des Gauches totalitaires n’est pas morte en 1945 à Berlin ou en 1991 à Moscou. Elle ne s’est pas non plus cantonnée à persécuter de pauvres hères dans des pays lointains. Non.
L‘extrême gauche, inspirée selon les cas par des relents de communisme, de socialisme, de maoïsme ou de prurits révolutionnaires, toujours exsudés pour le bien du Peuple, l’extrême gauche donc, n’a jamais renoncé à répandre ses carnages au sein même de nos contrées.

En France

Action Directe (1979–1987) : assassinats de René Audran (haut fonctionnaire de la Défense) en 1985, et de Georges Besse (PDG de Renault) en 1986. Des dizaines d’attentats à la bombe.
NAPAP – Noyaux armés pour l’autonomie populaire (1976–1977) : attaques à l’explosif, un assassinat revendiqué, climat de terreur.
GARI – Groupes d’action révolutionnaires internationalistes (1973–1976) : attentats, explosions de ponts, attaques armées contre des cibles liées à l’Espagne franquiste.

En Allemagne

RAF – Rote Armee Fraktion (1970–1998) : les « Baader-Meinhof ». Attentats, assassinats de patrons et magistrats, enlèvements (dont Hanns-Martin Schleyer en 1977), prise d’otages de l’ambassade à Stockholm.

En Italie

Brigate Rosse (années 1970–1980) : enlèvements et assassinats, dont le plus célèbre : Aldo Moro, président du Conseil, exécuté après 55 jours de captivité en 1978.
Prima Linea (fin des années 1970) : deuxième grand groupe armé d’extrême gauche, assassinats ciblés et actions de guérilla urbaine.

En Belgique

CCC – Cellules communistes combattantes (1984–1985) : 26 attentats à l’explosif contre des cibles économiques, militaires et de l’OTAN. Plusieurs blessés, un mort indirect.

En Espagne

GRAPO – Grupos de Resistencia Antifascista Primero de Octubre (1975–2000s) : enlèvements, assassinats, attentats à la bombe, plusieurs dizaines de morts.

En Grèce

17 Novembre (1975–2002) : 23 assassinats de diplomates, militaires et hommes d’affaires.
ELA – Lutte populaire révolutionnaire (1975–1995) : longues séries d’attentats à la bombe contre des cibles publiques et économiques.

En Royaume-Uni

Angry Brigade (1968–1972) : attentats à la bombe artisanale contre des banques, la BBC, des députés.

Aux Pays-Bas

RARA – Revolutionary Anti-Racist Action (1980s–1990s) : incendies criminels et explosions contre des entreprises comme Shell ou Makro.

Au Portugal

FP-25 (1980–1987) : environ 20 morts dans une série d’attentats, assassinats et braquages.
Brigadas Revolucionárias (années 1970–1980) : attaques contre des installations de l’OTAN.

Au Danemark

Blekingegade-banden (1972–1989) : braquages violents pour financer la lutte armée, un policier tué, liens directs avec les réseaux palestiniens marxistes.

En Iran (1979)

La révolution islamique d’Iran, qui destitua le Shah en 1979, vit les forces de Gauche composées de la jeunesse étudiante d’Iran soutenir les mollahs. Il faut comprendre que le projet totalitaire des fanatiques islamistes n’avait rien de rédhibitoire aux yeux des fanatiques de Gauche qui ont ensuite payé cher leur complaisance.

L’islamo-gauchisme

Ce palmarès nous rappelle, par les méthodes, un autre palmarès auquel participe, comme par hasard, encore et toujours la Gauche.
Effectivement, r
ien d’étonnant de voir aujourd’hui fraterniser les fanatiques de Gauche et les fanatiques islamistes tant leurs pulsions se marient parfaitement : le « bien de tous » imposé par la force !

Les intolérances doctrinaires se sont bien trouvées : L’islamo-gauchisme.

Peu importe que le Bien recherché par les idéologues de Gauche ne soit pas celui des fanatiques islamistes.

Peu importe que les uns soient machistes et que les autres soient intersectionnels ;
Peu importe que les uns soient homophobes et que les autres soient LGBTWokes ;
Peu importe que les uns soient des bigots fanatiques et que les autres soient anticléricaux ;
Peu importe que les uns soient pour un patriarcat absolu et que les autres soient néo-féministes ;
Peu importe que les uns soient communautaristes et que les autres soient globalistes ;
Peu importe les contradictions… pourvu qu’il y ait la pulsion !

Ce qu’il y a à comprendre de cette alliance improbable est que, dans cette volonté du « bien de tous imposé par la force ! », ce n’est pas le « bien de tous » qui compte, mais le « imposé par la force ! »

La geste psychologique qui se noue dans cette alliance fanatique est un désir inconscient de rompre avec le Surmoi (instance morale de l’inconscient) aliénant et moralisateur et rejoindre le ça (instance amorale de l’inconscient) barbare et sauvage.

L’objectif ultime est de se frayer un chemin vers l’ivresse de la barbarie, rendre possible la terreur par le terrorisme, et enfin, s’autoriser le meurtre sous couvert d’humanisme, de compassion et d’amour.
Les réjouissances autour du meurtre de Charlie Kirk le prouvent.
Le soutien au massacre du 7 Octobre en Israël le prouve.
Le tri sélectif entre les bonnes et les mauvaises victimes des égorgements de rue en France et en Europe le prouve.

Reste à deviner lequel des deux fanatismes mangera l’autre. On peut en avoir une petite idée.

A vouloir imposer le BONHEUR DE FORCE à vos « chers camarades », vous les bannirez, vous les torturerez s’ils ont le malheur de ne pas suivre la « Doctrine » de votre Vérité sans partage.
Alors continuez de voir des NAZIS ou de l’Extrême-Drouâte là où ça vous chante, mais le Fascisme est de Gauche que vous le vouliez ou non.

La trajectoire semble à nouveau se confirmer : la Gauche actuelle est devenue autoritaire, violente, intolérante, antirépublicaine, antidémocrate, psycho-rigide et antisémite ! En communion avec la pire idéologie machiste, homophobe, religieuse totalitaire, patriarcale et rétrograde : l’Islam !

L’Allemagne nazie avait ses jeunesses hitlériennes, la Gauche d’aujourd’hui a ses Antifas.
L’Allemagne nazie brûlait les livres et des tableaux, la Gauche d’aujourd’hui prend d’assaut les universités et en filtre l’accès.
L’Allemagne nazie contrôlait la Presse, la Gauche d’aujourd’hui contrôle la Presse.
L’Allemagne nazie avait son Mein Kampf, la Gauche d’aujourd’hui a ses « valeurs ».
L’Allemagne nazie noyautait tout l’édifice politique et social, la Gauche d’aujourd’hui contrôle toutes les instances : Conseil Constitutionnel, Arcom, Conseil d’État, Cour des Comptes, Magistrature, Haute fonction publique, Audiovisuel public et la majorité des médias privés, …
L’Allemagne nazie était alliée avec l’Islam, la Gauche d’aujourd’hui est alliée avec l’Islamisme.

« Le socialisme conduit à l’interventionnisme étatique, à la perte des libertés démocratiques et enfin au totalitarisme »

Enfin pour conclure ce dossier, voici un extrait du livre de F. von Hayek, « La route de la servitude » où il cite Ludwig von Mises.

« Ludwig von Mises observait en 1944 que le nazisme avait appliqué la plupart des mesures préconisées par le Manifeste du Parti communiste de Karl Marx et Friedrich Engels :

« Huit des dix points (du Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels) ont été exécutés par les nazis avec un radicalisme qui aurait enchanté Marx. Seuls deux points n’ont pas été complètement adoptés par les nazis, à savoir l’expropriation de la propriété foncière et l’affectation de la rente foncière aux dépenses de l’État (point n°1 du Manifeste) et l’abolition de l’héritage (point n°3). Cependant, leurs méthodes de taxation, leur planisme agricole et leur politique concernant la limitation des fermages vont chaque jour dans le sens du marxisme »

Ludwig von Mises, Omnipotent Government, The Rise of the Total State and Total War

« L’ascension du fascisme et du nazisme n’était pas une réaction contre le socialisme, mais une conséquence inévitable de ses tendances et de la planification économique centralisée. La planification socialiste conduit inévitablement à l’interventionnisme étatique, à la perte des libertés démocratiques et au totalitarisme. » »

Citations de Winston Churchill à propos du socialisme

“Le socialisme est une philosophie de l’échec, un principe de l’ignorance et l’évangile de la jalousie.”

“Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses. La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère.”

Vichy de gauche

Annexe 1

Liste des 12 ministres de Gauche collaborationnistes

Paul Faure, (1879-1951) – Ministre d’État, secrétaire général de la SFIO de 1920 à 1940, se rallie à Vichy, ne collabore pas mais, pétainiste actif, parraine le journal collaborationniste L’Effort. Il anime après la guerre le Parti socialiste démocratique rassemblant les membres de la SFIO exclus pour collaboration

Charles Spinasse, (1893-1979) – Ministre de l’Économie du Front populaire – proche de Marcel Déat, vote les pleins pouvoirs, soutient Vichy, lance le journal collaborationniste L’Effort. Il prône la collaboration avec l’Allemagne. Il crée la revue de « la pensée socialiste française » de gauche pro-européenne, Le Rouge et le Bleu, hebdomadaire français collaborationniste fondé à Paris en 1941 avec l’autorisation de la censure allemande et le soutien d’Otto Abetz.

René Brunet, – Sous-secrétaire d’État aux finances – proche de Marcel Déat, vote les pleins pouvoirs et soutient Vichy

Albert Bedouce, – Ministre des Travaux  publics – vote les pleins pouvoirs

Robert Jardillier, – Ministre des PTT – vote les pleins pouvoirs, mort en mai 1945

Fabien Albertin, (1879-1950) – Élu socialiste et sous-secrétaire d’État aux Travaux publics et aux Transports au printemps 1940 – il vote les pleins pouvoirs ; ”un peu” engagé, un temps, dans la collaboration de gauche et sous-secrétaire d’État aux Travaux publics.

François Blancho, – Sous-secrétaire d’État à la marine de guerre – vote les pleins pouvoirs

Henri Tasso, – Sous-secrétaire d’État à la marine marchande – vote les pleins pouvoirs ; mort en 1944

André Février, – Ministre du travail –  vote les pleins pouvoirs ; mais entre dans la résistance dès 1941

Albert Rivière, – Ministre des Pensions – vote les pleins pouvoirs ; aide cependant à l’évasion d’André Blumel et cache des aviateurs canadiens (décoré de la Silver cross)

Albert Sérol, – Ministre du Travail et de la Justice – pourtant un dur qui refusait la défaite, s’abstient pour les pleins pouvoirs

Georges Monnet, – Ministre du Blocus – a voulu poursuivre le combat en Afrique, mais s’abstient pour les pleins pouvoirs, et reste neutre durant la guerre

Exclu de fait

Adrien Marquet (1884-1955) – Député socialiste (SFIO), maire de Bordeaux. Ministre de l’Intérieur dans les gouvernements Pétain et Laval. Partisan de la collaboration et des mesures antisémites.  
Instigateur, en collaboration avec Laval, de pressions policières pour obtenir les suffrages des parlementaires lors du vote des pleins pouvoirs à Philippe Pétain. Il prône la collaboration avec l’Allemagne nazie. Il est le fondateur de Le Progrès de Bordeaux. Au sein de l’hôtel de ville de Bordeaux, il accueille, en 1942, l’exposition antisémite Le Juif et la France.
Arrêté le 29 août 1944 et incarcéré au fort du Hâ. Condamné à 10 ans d’indignité nationale. Des archives allemandes, qui l’impliquent personnellement (désir de collaboration et souhait de victoire de l’Allemagne et d’une France nationale-socialiste), n’étaient cependant pas en possession des juges au moment du procès.

Non exclu malgré des positions contestables

Camille Chautemps (1885-1963) – Ministre d’Étatvice-président du Conseil dans le gouvernement de Paul Reynaud (juste avant Pétain, pendant la débâcle de 1940) – radical-socialiste et franc-maçon du 33ème degré du « Rite écossais ancien et accepté » et membre de son Suprême Conseil. Il est auteur de la « proposition Chautemps » qui demandait les conditions d’un armistice à l’Allemagne.
La « proposition Chautemps » accéléra le processus vers l’armistice, signé le 22 juin 1940 à Rethondes. Cette responsabilité lui fut reprochée après la guerre : en 1947, il fut condamné à 5 ans de prison par la Haute Cour de justice pour sa part dans la chute du régime républicain, bien que sa peine ait été limitée à des faits antérieurs à l’armistice.

Autres députés de Gauche ayant voté les pleins pouvoirs

(parmi les 315 sur les 565 votes « Pour »)

Léon Archimbaud (1880-1944) – radical-socialiste 

Raoul Brandon (1878-1941) – membre de l’Union socialiste et républicaine.

Raoul Aubaud (1881-1966) – radical-socialiste

Paul Marchandeau – auteur de la première législation antiraciste en France, soutien constant du Maréchal Pétain et de la Révolution nationale.

Gratien Candace (1873-1953) – avocat socialisant de la Guadeloupe

Charles Pivert (1899-1981) – socialiste qui fréquentera les cercles de la collaboration de gauche.

Jean-Michel Renaitour (1896-1986) – socialiste

Eugène Frot (1893-1983) – avocat socialiste

Ludovic-Oscar Frossard (1889-1946) – militant socialiste qui, bien qu’ayant un parent juif, exaltera le national-socialisme.

Louis Sellier (1885-1978) successeur de Frossard à la direction du parti communiste, rallie la SFIO en 1937 puis milite dans différents groupes favorables à la collaboration.

Jean Garchery (1872-1857) – Cofondateur du Parti communiste français et rejoint la SFIO en 1936. Parmi les responsables socialistes engagés dans la collaboration, il participe à la rédaction de la revue de « la pensée socialiste française », Le Rouge et le Bleu, hebdomadaire français collaborationniste fondé à Paris en 1941 par le socialiste Charles Spinasse, avec l’autorisation de la censure allemande et le soutien d’Otto Abetz.

Adéodat Compère-Morel (1872-1941) – Député socialiste, compagnon de Jaurès et de Guesde. Rallie Vichy dès 1940 et prône la collaboration franco-allemande, motivé par le Pacifisme et la désillusion face à la République. 

Pétainistes, membres du gouvernement et haut-fonctionnaires

Pierre Laval, (1883-1945) – Politique issu de la SFIO, Vice-président du Conseil puis Chef du gouvernement sous Pétain. Acteur majeur dans la mise en place de la collaboration avec l’Allemagne nazie. Artisan de la mise en place de la politique antisémite du régime de Vichy.
Condamné à mort pour haute trahison et complot contre la sûreté intérieure de l’État par la Haute Cour de justice.
Il est 
fusillé après avoir avalé une capsule de cyanure.

François Darlan, (1881-1942) – Radical de Gauche et Amiral et Commandant en chef des forces françaises de Vichy. Il cumule, à compter du 10 février 1941, 4 portefeuilles ministériels, ceux de la Marine, des Affaires étrangères, de l’Intérieur et de l’Information. Parmi les artisans de la création, en mars 1941 du Commissaire général aux Questions juives. Il plaide pour la collaboration avec l’Allemagne, estimant que la France doit participer à l’établissement d’un Ordre nouveau où la France utiliserait son Empire et sa flotte pour protéger l’Europe, sous domination du Reich.

René Belin (1898-1977) – Syndicaliste, successeur de Léon Jouhaux à la direction de la CGT. Ministre de la production industrielle, il est cosignataire du statut des Juifs de 1940.

François Chasseigne (1902-1977) – Dirigeant des Jeunesses communistes, et militant antimilitariste et anticolonialiste. Il rejoint les « amis de la Waffen-SS » en 1944. Ministre de l’Agriculture et du Ravitaillement de Vichy.

Marcel Peyrouton (1887-1983) vient du centre gauche républicain et se réclame de la tradition politique de Jules Ferry. Ministre de l’Intérieur de Vichy et bien qu’hostile aux Allemands, il participe à l’élaboration du premier statut des Juifs en 1940.

René Bousquet (1909-1993) – Radical-socialiste, proche du socialiste Roger Salengro, occupe après la victoire électorale de la gauche en 1936 un poste stratégique. Secrétaire général de la police de Vichy, il joue un rôle important dans la déportation des Juifs de France, notamment la rafle du Vel’ d’Hiv en 1942. Bousquet est l’incarnation de l’interface entre la Police française et les nazis.
Il restera jusqu’à la fin parmi les proches « protégés » de François Mitterrand.

Max Bonnafous (1900-1975) – Normalien, intellectuel nostalgique de Jean Jaurès, vient du centre-gauche. Il est candidat à la députation en 1936 et proclame son soutien au Front populaire. En avril 1942, Ministre de l’Agriculture et du Ravitaillement de Pierre Laval.

Personnalités de Gauche, collaborateurs actifs

Jacques Doriot (1898-1945) – Figure de la Gauche française, chef des jeunesses communistes, cadre du PC puis à la SFIO. Exclu de la SFIO en 1934. Fondateur du Parti populaire français (PPF) qui se veut être l’équivalent du parti nazi en France. Collaborateur célèbre et zélé.
Doriot a été l’un des partisans les plus ardents de Pétain et a même pris part à des combats aux côtés de l’armée nazie sur le front de l’Est.

Marcel Déat (1894-1955) – Député SFIO, figure de la collaboration sous l’Occupation. Fondateur du Rassemblement national populaire (RNP) en 1941, parti « socialiste et européen » favorable à l’occupant nazi. Ministre du Travail et de la Solidarité nationale dans le gouvernement de Vichy. Il s’enfuit à Sigmaringen avec le dernier carré des ultra-collaborationnistes, avant de se réfugier en Italie où il termine sa vie dans la clandestinité.

Victor-Noël Arrighi (1900-1945) – Membre en 1920 du Parti communiste français (PCF), secrétaire administratif du comité central. En 1936, secrétaire général du Parti populaire français de Jacques Doriot dont il est militant ultra. En 1938, hostile à l’alignement sur le nazisme, il quitte le PPF. Pendant l’occupation, il réside à Vichy.

Marc Augier (1908-1990) – Membre du cabinet de Léo Lagrange (Front populaire, 1936), socialiste. Combattant dans la LVF et la Waffen-SS après 1941, il soutient la collaboration active motivé par anticommunisme et fascination pour l’aventure militaire nazie.  
Condamné après la guerre, il poursuit une carrière littéraire sous pseudonyme.

Marcel Gitton (1902-1941) – Dirigeant communiste, exclu du PCF après le pacte germano-soviétique (1939). Il fonde le Parti ouvrier et paysan français (POPF), collaborationniste, et soutient la « Révolution nationale ».  
Assassiné en 1941 par des résistants communistes.

Hubert Lagardelle (1874-1958) – Syndicaliste révolutionnaire, proche du socialisme et du fascisme italien dans les années 1920. Ministre du Travail (1942-1943) sous Laval, rédacteur en chef de La « France socialiste », journal collaborationniste. Il est fasciné par le corporatisme et l’« ordre nouveau » européen.  
Condamné après la guerre, il se retire de la vie publique.

André Parsal (1897-?) – Député communiste, rallié à la collaboration. Membre du Parti ouvrier et paysan français (POPF), il soutient la collaboration via des activités syndicales.  
Condamné après la guerre.

Jean-Marie Clamamus (1879-1944) – Sénateur-maire communiste de Bobigny. Membre du Parti ouvrier et paysan français (POPF), il soutient la collaboration.  
Exécuté sommairement en 1944.

Albert Clément (1898-1942) – Communiste, rédacteur en chef de La Vie ouvrière (1929-1939). Membre du Parti populaire français (PPF) de Doriot, rédacteur en chef du journal collaborationniste « Le Cri du peuple ».  
Abattu par des résistants communistes en 1942.

Paul Cognet (?-?) – Dirigeant CGT, membre du Parti communiste internationaliste (trotskyste). Contribue à la Charte du travail de René Belin.  
Condamné à l’indignité nationale.

Jean Luchaire (1901-1946) Journaliste et Homme de Gauche, soutien de Léon Blum, ami d’Otto Abetz, (ambassadeur allemand à Paris), Président de l’Association de la presse parisienne, en 1941, et de la Corporation nationale de la presse française, il concentre entre ses mains le contrôle idéologique de toute la presse collaborationniste en zone occupée.
Après s’être réfugié avec Marcel Déat et Philippe Pétain à Sigmaringen en 1944, sa fuite au Liechtenstein, puis en Suisse, il est arrêté, jugé et exécuté le 22 février 1946.

Les CGTistes collabos

sources :
https://www.liguedefensejuive.com/la-cgt-aux-heures-sombres-2016-06-27.html
https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/article-la-cgt-et-la-2e-guerre-mondiale-115571215.html 

NB : Certains sont déjà présents dans les listes précédentes

Georges ALBERTINI : Secrétaire des Jeunesses Socialistes; membre de la SFIO et de la CGT. Membre de l’Institut Supérieur ouvrier, du Comité de Vigilance des Intellectuels antifascistes. Secrétaire général du RNP, parti collaborationniste de Marcel Déat. Directeur de la revue Est et Ouest. Il devient un des membres de l’entourage de Georges Pompidou.
Il meurt en 1983.

René BELIN : Secrétaire général adjoint de la CGT. Ministre du Travail du maréchal Pétain. Un des signataires de la loi sur le statut des Juifs du 3 octobre 1940. Après la guerre, il fonde le « Front syndicaliste » puis « La Revue syndicaliste », proche de FO. Il est élu maire d’une commune de Seine-et-Marne de 1958 à 1965.
Il meurt en 1977.

Jean BERNIER : Collabore au journal Le Libertaire. Proche des surréalistes. Fondateur, au sein de la CGT du cercle syndicaliste Lutte des classes. Se rallie au maréchal Pétain. Est nommé en 1942 secrétaire de l’Organisation des Prisonniers de Guerre de la zone occupée. Collabore à des revues nationalistes françaises.
Meurt en 1975.

Marcel BIDEGARAY : Secrétaire Général de la Fédération Nationale des Travailleurs des Chemins de Fer (CGT). Membre de la SFIO. Trésorier du COSI (Comité Ouvrier de Secours Immédiat), ouvertement collaborationniste.
Exécuté par la résistance communiste au camp d’internement de Bidache (64) le 20 décembre 1944

Jeanne CHEVENARD (née VIOLET) : Déléguée à la propagande de la CGT parmi les femmes. Féministe. Adepte de la collaboration franco-allemande. Membre du bureau du journal Au Travail. Exécutée par la Résistance le 29 juin 1944.

Paul COGNET : Dirigeant de la Fédération CGT de l’habillement. Membre de la milice socialiste d’autodéfense antifasciste. Adhère en 1936 au Parti Communiste Internationaliste d’obédience trotskyste. Un des concepteurs de la Charte du Travail de René Belin. Condamné à l’indignité nationale.

Henri CORDIER : Dirigeant de la Fédération du bâtiment CGT. Membre de la SFIO. Gère l’immeuble confédéral CGT de la rue d’Amsterdam à Paris, de 1940 à 1944. Un des concepteurs de la Charte du Travail de René Belin.

Emile COURRIÈRE : Secrétaire de la Fédération postale de la CGT. Chef du secrétariat particulier de René Belin, ministre du Travail.

Achille DAUPHIN-MEUNIER : Economiste. Appartient au bureau d’études de la CGT en 1938-1939. Collaborateur du quotidien Aujourd’hui. Crée la faculté libre de Droit et Sciences Economiques (FACO) à la fin des années 1960.

Charles DOOGHE : Cadre du Syndicat des employés (CGT). Cadre du RNP de Marcel DEAT.

Georges DUMOULIN : SFIO. Secrétaire général Ud du Nord CGT. Franc-maçon. Un des dirigeants du RNP, dirigeant de sa filiale ouvrière, le Centre Syndicaliste de Propagande (CSP).

Raymond FROIDEVAL : Secrétaire du syndicat CGT des serruriers de la Seine. Spécialiste de l’enseignement professionnel. Membre du cabinet de René Belin, ministre du Travail, en 1944-1942 Fondateur du journal Le Front Syndicaliste.

Marcel GITTON (dit GIROUX) Secrétaire confédéral de la CGT. Secrétaire du parti Communiste, député communiste de la Seine. Fondateur du Bloc Ouvrier et Paysan, puis en 1941, collabore au Cri du Peuple, organe du PPF
Exécuté par la Résistance communiste.

Fernand HAMARD : Dirigeant des Jeunesses communistes. Rédacteur à L’Humanité. Secrétaire de la Fédération CGT des Techniciens. Membre du Front Social du Travail. Rédacteur à L’Atelier et à La France Socialiste.

Robert LEFEVRE : Secrétaire de l’Union Départementale CGT de la Seine En 1944, président national des amis du journal Au Travail. Exclu du mouvement syndical.

Gabriel LORRIOT : Secrétaire général CGT des Ports et Docks Comité de direction du journal L’Atelier.

Armand MASBATIN : Secrétaire de l’Union CGT des syndicats de la Haute-Vienne. Membre du Conseil National du gouvernement de Vichy. Collabore au journal Au Travail.
Exclus à vie de toute organisation syndicale.

René MESNARD : Socialiste dès 1916, syndicaliste CGT. Membre du RNP. Dirige le journal L’Atelier. Créateur du Centre Syndicaliste de Propagande, puis du Front Social du Travail. Président du COSI. Se réfugie en Allemagne.
Est tué par un avion allié.

Francis MILLION : Directeur du quotidien cégétiste Le Peuple jusqu’en 1936. Secrétaire général à la Main d’œuvre et aux Assurances sociales du Maréchal Pétain.

Roland SILLY : Secrétaire de la section CGT des techniciens. Membre du parti Socialiste SFIO. Un des dirigeants du RNP. Chef des Jeunesses Nationales Populaires.

Pierre VIGNE : Secrétaire de Fédération CGT des mineurs. Collabore au journal La France au Travail et à L’Atelier.

Be this guy

Annexe 2

En complément voici un article paru dans un des numéros du Monde Diplomatique en 2010.
Il démontre que la documentation (discours et déclarations d’Hitler et de ses complices, écrits, programmes et réalisations nazis) permet de confirmer la thèse d’une idéologie nazie inspirée par les thèses socialistes.

𝐇𝐢𝐭𝐥𝐞𝐫, 𝐜𝐞 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞…

Dirty Harryon, 27 Juin 2010

Adolf Hitler était un homme de gauche. Quoi ? Cela vous étonne ?
Évidemment que cela vous étonne, vu que l’on répète tous, sans vraiment y réfléchir, que régime nazi (voire fasciste) ne peut être que d’extrême-droite ! Et je m’en confesse, j’ai eu aussi cette paresse intellectuelle que d’associer Hitler avec la droite (aussi « extrême » soit-elle)… alors que, vous allez le voir, il n’y a pratiquement rien qui permette d’étayer cette thèse.

𝐒𝐨𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐨𝐬

Laissons déjà effectivement, parler les principaux intéressés. Ainsi, en 1934, Adolf Hitler parlant à Hermann Rauschning, soulignait bien les liens qui existaient entre le nazisme et le communisme :

Ce n’est pas l’Allemagne qui va devenir bolchevique mais le bolchevisme qui se transformera en une sorte de national-socialisme. En plus il y a plus de liens qui nous unissent au bolchevisme que d’éléments qui nous en séparent. Il y a par-dessus tout, un vrai sentiment révolutionnaire, qui est vivant partout en Russie sauf là où il y a des Juifs marxistes. J’ai toujours fait la part des choses, et toujours enjoint que les anciens communistes soient admis dans le parti sans délai. Le petit-bourgeois socialiste et le chef syndical ne feront jamais un national-socialiste, mais le militant communiste, oui.

Dans « Mein Kampf » également, Hitler se déchaîna contre le capitalisme spéculatif et « la finance internationale », influencé en cela par les cours de l’économiste allemand Gottfried Feder, qui deviendra, un peu plus tard, membre influent du parti nazi :

A mes yeux, le mérite de Feder consistait en ceci, qu’avec une tranchante brutalité, il précisait le double caractère du capital : spéculatif, et lié à l’économie populaire ; et qu’il mettait à nu sa condition éternelle : l’intérêt. Ses déductions dans toutes les questions fondamentales, étaient tellement justes que ceux qui, a priori, voulaient le critiquer, en contestaient moins l’exactitude théorique qu’ils ne mettaient en doute la possibilité pratique de leur mise à exécution. Ainsi, ce qui, aux yeux des autres, était un point faible dans l’enseignement de Feder, représentait à mes yeux sa force.

Toujours dans « Mein Kampf », Hitler en ajoute une couche :

La lutte contre la finance internationale et le capital de prêt est devenu le point le plus important de la lutte de la nation allemande pour son indépendance et sa liberté économique.

Joseph Goebbels, ministre de « l’éducation des peuples et de la propagande » du IIIe Reich, fidèle parmi les fidèles d’Hitler, était également un anti-capitaliste convaincu, proche de l’aile communiste du NSDAP incarnée par les frères Gregor et Otto Strasser. Goebbels, lui-même, parlait régulièrement de « Bolchévisme National » lorsqu’il évoquait le positionnement du parti nazi.

Par contre, il est vrai qu’à partir de 1933, le NSDAP chercha à séduire les industriels et les milieux de la droite-conservatrice. Mais en y regardant de plus près, cela correspond à un besoin vital d’argent pour le parti d’Hitler, dont les caisses sont vides suite à l’élection législative de novembre 1932.

Cette élection fût également un cinglant échec pour le NSDAP, qui perdit deux millions de voix par-rapport aux élections de juillet de la même année. Ceci obligera également le parti, à changer sa stratégie afin de rassurer les milieux financiers et les grands patrons, qui avaient appelé pour les élections à une union de toutes les forces nationalistes, excluant les nazis. Il faut dire qu’auparavant, nazis et communistes s’étaient unis pour faire grève dans le service de tramway à Berlin et que les thèmes martelés par le NSDAP durant les élections de l’automne, étaient anticapitalistes, populistes et proagrairiens… pas de quoi aller dans le sens du patronat.

Avec le recul, il apparaît clairement qu’il ne s’agissait que d’une autre manœuvre de séduction de la part de Hitler, puisque, une fois au pouvoir, il décida de nationaliser toutes les grandes entreprises et les grandes industries allemandes.

Influences idéologiques

Entre 1908 et 1910, le jeune Adolf Hitler, fraîchement arrivé à Vienne, reste subjugé par les discours de Karl Lueger, du Parti Chrétien-Social et maire de Vienne. Karl Lueger est un antisémite, mais également un farouche adversaire du libéralisme économique. Hitler en fera, à plusieurs reprises, des éloges dans son livre « Mein Kampf ».

Un autre homme politique autrichien, Georg Ritter von Schönerer, influença également Adolf Hitler. Georg Ritter von Schönerer, autre antisémite notoire, faisait partie de cette mouvance pangermaniste, très influente en Autriche au début du XXe siècle. La minorité autrichienne-allemande prenait d’ailleurs, de plus en plus de place dans la société du pays, ce qui sera, un peu plus tard, l’un des prétexte qu’utilisera Hitler pour annexer l’Autriche. Georg Ritter von Schönerer, démocrate-radical, était également à l’origine de plusieurs importante réformes sociales dont : le droit de vote pour tous, la réforme des salaires, la diminution du temps de travail et même le droit de grève ! (source : « Hitler et la dictature allemande » par Karl Dietrich Bracher, 1969). Le genre de réformes défendues, dans toute l’Europe, par les partis de gauche.

Durant l’été 1919, Adolf Hitler suivi un cours de l’économiste allemand Gottfried Feder. Son influence fût telle, qu’il devint très vite son mentor et le théoricien économique du NSDAP. Gottfried Feder, antisémite, est également un farouche opposant au capitalisme, vu que le but de celui-ci ne repose que sur l’intérêt. En 1933, Feder publie « Kampf gegen die Hochfinanz » (« Combat contre la haute finance »), que l’on peut difficilement classer dans un courant de droite ou d’économie libérale.

𝐃𝐮 𝐃𝐀𝐏 𝐚𝐮 𝐍𝐒𝐃𝐀𝐏

En octobre 1919, Adolf Hitler adhère au Parti des Travailleurs Allemands, Deutsche Arbeiterpartei (DAP), séduit par Anton Drexler, l’un de ces fondateurs, qui lui avait remis une brochure dont il était l’auteur, intitulé « Mon éveil politique ». Le DAP, créé la même année, était un parti d’influence révolutionaire antisémite, anti-occidental, anti-slave et… anti-capitaliste.

Du Parti des Travailleurs Allemands, le nom sera modifié en Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands (NSDAP) suivant les recommandations de Hitler lui-même en 1920. C’est un peu plus tard, en avril 1921, qu’il prit la tête du NSDAP.

Il est à noter que le DAP/NSDAP fût fondé avec des socialistes révolutionnaires, principalement Anton Drexler. Ce fait est rappelé par l’historien William Shirer dans « Le Troisième Reich, des origines à la chute ».

𝐋𝐞𝐬 𝟐𝟓 𝐩𝐨𝐢𝐧𝐭𝐬 𝐝𝐮 𝐃𝐀𝐏

Quelques mois avant le changement de nom du Parti des Travailleurs Allemands (DAP), Adolf Hitler présente lui-même un programme en 25 points, votés et approuvés devant une assemblée de 2.000 membres, le 24 février 1920 à Munich, dans la brasserie Hofbräuhaus.

Parmi ces 25 points, quelques intitulés que ne renieraient certainement pas, bien des partis de gauche, encore aujourd’hui :

7. Nous exigeons que l’État s’engage à procurer à tous les citoyens des moyens d’existence.

11. La suppression du revenu des oisifs et de ceux qui ont la vie facile, la suppression de l’esclavage de l’intérêt.

13. Nous exigeons la nationalisation de toutes les entreprises appartenant aujourd’hui à des trusts.

14. Nous exigeons une participation aux bénéfices des grandes entreprises.

15. Nous exigeons une augmentation substantielle des pensions des retraités.

16. Nous exigeons la création et la protection d’une classe moyenne saine, la remise immédiate des grands magasins à l’administration communale et leur location, à bas prix, aux petits commerçants. La priorité doit être accordée aux petits commerçants et industriels pour toutes les livraisons à l’État, aux Länder ou aux communes.

17. Nous exigeons une réforme agraire adaptée à nos besoins nationaux, la promulgation d’une loi permettant l’expropriation, sans indemnité, de terrains à des fins d’utilité publique – la suppression de l’imposition sur les terrains et l’arrêt de toute spéculation foncière.

20. L’extension de notre infrastructure scolaire doit permettre à tous les Allemands bien doués et travailleurs l’accès à une éducation supérieure, et par là à des postes de direction. Les programmes de tous les établissements d’enseignement doivent être adaptés aux exigences de la vie pratique. L’esprit national doit être inculqué à l’école dès l’âge de raison (cours d’instruction civique). Nous demandons que l’État couvre les frais de l’instruction supérieure des enfants particulièrement doués de parents pauvres, quelle que soit la classe sociale ou la profession de ceux-ci.

21. L’État doit se préoccuper d’améliorer la santé publique par la protection de la mère et de l’enfant, l’interdiction du travail de l’enfant, l’introduction de moyens propres à développer les aptitudes physiques par l’obligation légale de pratiquer le sport et la gymnastique, et par un puissant soutien à toutes les associations s’occupant de l’éducation physique de la jeunesse.

25. Pour mener tout cela à bien, nous demandons la création d’un pouvoir central puissant, l’autorité absolue du parlement politique central sur l’ensemble du Reich et de ses organisations, ainsi que la création de Chambres professionnelles et de bureaux municipaux chargés de la réalisation, dans les différents Länder, des lois-cadre promulguées par le Reich.

Si vous trouvez encore, là-dedans, des idées de droite, il est urgent pour vous de consulter !

𝐋𝐚 𝐍𝐒𝐁𝐎

En 1928, afin de fédérer les travailleurs allemands autour du National-Socialisme, le syndicat NSBO fût créé (Nationalsozialistische Betriebszellenorganisation – NSBO ; Organisation des Cellules d’Entreprises Nationales-Socialistes).

Évidemment, la NSBO était destinée à concurrencer les syndicats déjà présents dans les usines allemandes et, en particulier, les syndicats chrétiens démocrates et marxistes. Cependant, bien des sections du NSBO allaient au-delà du National-Socialisme en s’affichant National-Bolchéviques (source : « La National-Bolchévisme en Allemagne 1919-1933 » par Louis Dupeux).

Parmi les « faits d’armes » du NSBO : l’utilisation de la violence armée pour protester contre les réductions de salaire, le genre de « protestation » utilisée d’habitude par la gauche la plus radicale.

Socialiste dans les actes

Mais je vous vois venir : « c’est bien beau de parler des nazis AVANT leur accession au pouvoir, qu’en est-il de la situation une fois qu’ils mettent en place leurs politiques ? »

Il faut dire que Hitler et les Nationaux-Socialistes n’ont pas perdu de temps ! Sitôt arrivés au pouvoir, les nazis déportèrent à Dachau des commerçants qui avaient osé augmenter leurs prix. Rien qu’à Munich, 200 personnes furent arrêtées en 1933, tandis que leurs commerces furent scellés et barrés d’un écriteau indiquant : « Magasin fermé sur ordre de la police pour cause d’augmentation des prix, propriétaire en détention provisoire à Dachau ».

Les lois et les « recommandations » du pouvoir nazi, dissuada les entreprises allemandes à rechercher le profit dans leurs activités. Aucune surprise jusque là, puisqu’il s’agit, tout simplement, de la base de la doctrine nazie inspirée par l’économiste Gottfried Feder.

Même la « libre entreprise » est un concept devenu désuet sous le IIIe Reich. Les entrepreneurs allemands sont convertis en Betriebsführer, c’est-à-dire en vulgaires « directeurs d’établissements », une façon très bureaucratique d’enlever tout esprit d’initiative et d’entrepreneuriat. Ils ne pouvaient diriger leurs entreprises comme ils l’entendaient ; ils étaient tenus d’obéir sans réserve aux ordres venus du Bureau Central d’Organisation de la Production, le Reichswirtschaffsministerium, et des organismes qui lui étaient rattachés pour chaque branche et pour chaque région. Même leurs salaires étaient fixés par l’état ! Ça ne vous fait pas penser au mode de fonctionnement de la Russie soviétique, par hasard ?

Mais ce n’est pas tout ! L’état était chargé de fixer les prix, mais également les taux d’intérêt à verser, ou à réclamer. Là aussi on reconnaît la « patte » de Feder.

Le gouvernement et la bureaucratie hitlérienne étaient également chargés de planifier la production industrielle, mais aussi agricole et géraient jusqu’aux moyens et méthodes de production. En d’autres termes, on est en pleine « planification » économique, tels que pratiqués dans les pays collectivistes.

On est très loin du capitalisme et, encore plus, de l’économie de marché !

𝐋𝐞 𝐧𝐚𝐳𝐢𝐬𝐦𝐞, 𝐮𝐧𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞 𝐥𝐚𝐫𝐯𝐞́𝐞 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐱𝐢𝐬𝐦𝐞

En 1944, l’économiste autrichien Ludwig von Mises, écrivit dans son ouvrage « Omnipotent Government, The Rise of the Total State and Total War », une réalité que les héritiers de Marx n’assumeront jamais :

Huit des dix points (du Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels) ont été exécutés par les nazis avec un radicalisme qui aurait enchanté Marx. Seuls deux points n’ont pas encore été complètement adoptés par les nazis, à savoir l’expropriation de la propriété foncière et l’affectation de la rente foncière aux dépenses de l’Etat (point n°1 du Manifeste) et l’abolition de l’héritage (point n°3). Cependant, leurs méthodes de taxation, leur planisme agricole et leur politique concernant la limitation des fermages vont chaque jour dans le sens du marxisme.

Depuis la création du DAP, jusqu’à l’effondrement du IIIe Reich, le National-Socialisme trouva ses racines dans un anti-capitalisme radical et systématique : nationalisations, étatisation de l’économie, taxation imposante des produits financiers… Pour Ludwig von Mises, « Le marxisme et le national-socialisme ont en commun leur opposition au libéralisme et le rejet de l’ordre social et du régime capitaliste. Les deux visent un régime socialiste ».

Voici bientôt quarante ans qu’un socialisme, qui s’affublait du préfixe décoratif de « national », a mis un terme à la libre circulation en Europe. (Friedrich Hayek, prix Nobel d’économie en 1974)

Ces mêmes socialistes qui, aujourd’hui, lancent si facilement leurs reproches de fascisme feraient bien d’être conscients qu’avec leur adoration de l’État universel, la référence permanente au collectif et le mépris de la liberté individuelle, ils sont bien plus proches d’une vision fasciste du monde que nous. Ce n’est pas un hasard si les hordes brunes se sont appelées les « nationaux-socialistes ». (Christoph Blocher, homme politique suisse)

𝐂𝐨𝐧𝐜𝐥𝐮𝐬𝐢𝐨𝐧

Je ne vais pas là, énoncer les causes de la montée du nazisme en Allemagne, le sujet est bien trop vaste et même les historiens peinent à l’expliquer totalement. Mais la crise de 1929, l’inflation galopante, la montée inexorable du chômage qui ont frappé l’Europe entière, se sont particulièrement acharnés sur l’Allemagne, beaucoup plus que sur les autres pays du continent.

Ajoutez à cela, le paiement astronomique dû aux « dommages de guerre » (suites du Traité de Versailles), que l’Allemagne est contrainte de payer et qui s’élèvent à 132 milliards de marks-or de 1921. Paiement que l’Allemagne est dans l’incapacité d’effectuer, ce qui conduira à des livraisons « en nature » de produits et de marchandises, puis à l’occupation de la riche région industrielle de la Ruhr en 1923 par les Français et les Belges, puis à un remboursement « rééchelonné » et diminué suite au plan Young de 1929.

Crise, humiliation suite au Traité de Versailles de 1919, économie allemande littéralement « à terre »… facilite l’expression de tous les extrémismes. C’est alors la bataille de celui qui criera le plus fort, de celui qui rassemblera le plus.

Mais c’est le petit peuple, le prolétariat, les ouvriers qu’il faut séduire. Car ce sont eux, d’abord, qui sont touchés de plein fouet par la crise. Ce sont eux, qui se sont battus dans les tranchées entre 1914 et 1918 et qui subissent l’humiliation de la défaite. Alors trois courants collectivistes, étatistes et démagogistes s’affrontent : les socialistes, les communistes et enfin, les nationaux-socialistes. Les trois se haïssent, il faut le dire… et même si l’on parle souvent des affrontements entre le NSDAP et les communistes allemands, il ne faut pas oublier qu’il y a aussi souvent des escarmouches entre socialistes et communistes.

Oui, une certaine aristocratie sera séduite par le nazisme. Certains même auront des postes importants dans le IIIe Reich, mais au-delà de politiques sociales dont ils ne se sentent pas concernés au premier chef, c’est le nationalisme et surtout, le pangermanisme qui les attirent vers le NSDAP. D’ailleurs, beaucoup d’entre-eux suivent plus un idéal de « Grande Allemagne » que le « petit caporal » Hitler, dont ils finissent, tôt ou tard par se méfier. Sentiment qui sera d’ailleurs partagé.

Après, si vous trouvez encore que le régime nazi est plus proche de la droite que de la gauche, il faudra maintenant apporter des arguments, et du solide !


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