Dati Rachida


Rachida Dati

Ministre de la Culture (Gvt Attal – Barnier – Bayrou)

Mise en examen depuis 2021 pour «corruption passive», «recel d’abus de pouvoir» et «trafic d’influence passif» par personne investie d’un mandat électif public dans l’enquête sur des contrats noués par une filiale de Renault-Nissan, quand Carlos Ghosn en était le PDG. Renvoyée en Août 2025 devant le tribunal correctionnel de Paris.

Les faits :

L’affaire Carlos Ghosn-Renault

En 2019, Renault et Nissan missionnent le cabinet d’audit indépendant Mazars pour éplucher les dépenses de Carlos Ghosn, engagées à travers la société néerlandaise RNBV.
Il y est trouvé plusieurs versements adressés à Rachida Dati en tant qu’avocate (alors députée européenne) : 

900 000 € d’honoraires versés entre 2010 et 2012 pour des prestations de conseil selon un forfait annuel de 300 000 € pour une disponibilité d’environ 300 heures. Soit 1 000 €/heure. Des tarifs habituels dans le milieu du conseil ? «C’est un tarif de star mais cela ne me choque pas», répond un dirigeant de cabinet. «Après, il faut voir si elle a vraiment produit ces heures et la façon dont elle en a justifié le tarif».

Autre point visé par le PNF : Lorsqu’elle conseille Carlos Ghosn, Rachida Dati n’est pas seulement avocate, elle siège aussi au Parlement européen. Une position qui lui interdit d’exercer des activités de lobbying.

https://www.capital.fr/economie-politique/remaniement-quel-role-a-joue-rachida-dati-dans-laffaire-carlos-ghosn-1490312

https://www.marianne.net/societe/police-et-justice/mise-en-examen-pour-corruption-passive-rachida-dati-bientot-renvoyee-en-correctionnelle

1 – En 2009, une enquête de La Tribune indiquait que, récemment élue au parlement européen, l’ex-Garde des Sceaux n’avait pas déclaré sa nouvelle société de conseils dont l’activité aurait pu entrer en conflit avec ses travaux d’eurodéputée.

2 – En 2013, une enquête du Point affirmait que Rachida Dati aurait perçu « 512 416 € d’honoraires d’avocat , auxquels s’ajoutait une rémunération de 98 000 € en tant qu’élue » alors que l’ex-Garde des Sceaux aurait chiffré ses « activités annexes à plus de 10 000 € par mois » dans sa déclaration de transparence financière exigée par le Parlement européen.

3 – La chaîne i>télé citait également à l’époque l’ONG bruxelloise Friends of the Earth Europe, qui mettait en cause le rapport de Rachida Dati avec le groupe GDF Suez, qui « n’apparaîtrait pas dans la déclaration d’intérêt financier de l’eurodéputée. »

4 – Toujours en 2013, dans le Huffington Post cette fois-ci, l’eurodéputée Corine Lepage s’étonnait justement que Rachida Dati ait publié une tribune dans les Echos dans laquelle elle appuyait la revendication auprès de Bruxelles de dix grands groupes énergétiques européens, dont GDF Suez, pour l’arrêt des subventions publiques accordées à certaines énergies renouvelables et pour le financement des centrales à gaz.

https://www.sudouest.fr/justice/rachida-dati-aurait-percu-600-000-euros-de-renault-nissan-alors-qu-elle-etait-eurodeputee-2827071.php

GDF-Suez : client à 250 000 € ou pas ?

Comme relaté dans les paragraphes 3 et 4 précédents, une forte suspicion plane sur des transactions de clientèle non déclarées par Rachida Dati avec GDF Suez.

Point de départ : des notes figurant dans un cahier à spirale saisi lors des investigations sur l’affaire Carlos Ghosn-Renault.
Il y est fait reférence à GDF Suez au travers de notes manuscrites de son assistante : « GDF et Areva sont concurrents, revoir contrat dernière page » ou encore « GDF 250 » . Que signifie cette dernière mention, qui figure à côté d’un « Renault 300 » ? Pour rappel, Rachida Dati a reçu 300 000 euros par an du groupe automobile Renault en 2010, 2011 et 2012.

S’ensuivent d’autres indices qui apparaissent peu après : Des pièces issues de la comptabilité d’un cabinet d’avocat parisien, aujourd’hui fermé, mais qui, en 2010, compte une centaine de collaborateurs et où Rachida Dati, devenue avocate quelques mois après son élection à Bruxelles, est restée domiciliée jusqu’au 1er février 2012.

Selon ces fichiers comptables, ce cabinet a reçu un paiement de 149 500 € de GDF Suez le 29 juillet 2010. Moins de trois mois plus tard, le 25 octobre 2010 exactement, le cabinet d’avocats verse ce même montant par chèque à Rachida Dati. Dans les documents comptables, cette transaction à venir porte l’intitulé « DATI HONORAIRE GDF SUEZ » . En recoupant avec le dossier d’instruction de l’affaire Carlos Ghosn, que « Complément d’enquête » et Le Nouvel Obs  ont pu consulter, on constate que le compte de Rachida Dati a bien été crédité de 149 500 € le 25 octobre 2010.

En février 2011, même schéma : un nouveau paiement de GDF Suez de 149 500 €  apparaît dans la comptabilité du cabinet. Deux semaines plus tard, le 23 février 2011, une somme identique est versée à Rachida Dati par le cabinet, avec l’intitulé « CHQ DATI RACHIDA » .

Des factures signées Dati et adressées au cabinet d’avocats

Le cabinet d’avocat d’affaires aurait-il servi d’intermédiaire entre GDF Suez et l’eurodéputée ? Parmi ses fondateurs, on trouve Xavier de Sarrau, un ami de Nicolas Sarkozy et un précieux soutien de Rachida Dati. 

D’après le réquisitoire du Parquet national financier dans l’affaire Carlos Ghosn, que nous avons pu consulter, Xavier de Sarrau a confirmé, lors de son audition, qu’il avait accompagné Rachida Dati à au moins un rendez-vous avec Gérard Mestrallet, patron de GDF Suez à l’époque. Selon les magistrats, Xavier de Sarrau affirmait ne pas savoir « si ces contacts avaient abouti à des contrats » . Contacté par « Complément d’enquête » au sujet de ces révélations, il reconfirme avoir assisté à un rendez-vous.

Les informations présentes dans les documents comptables semblent recouper plusieurs éléments obtenus par les enquêteurs lors des perquisitions dans l’affaire Renault, en l’occurrence deux factures de 125 000 € hors taxes (soit un total de 250 000 €) émises par Rachida Dati à l’adresse du cabinet d’avocats. Mais aussi la fameuse annotation « GDF 250 » retrouvée dans l’un des cahiers à spirales de son assistante.

L’enquête est jalonnée de dénégations catégoriques de Rachida Dati, tant devant les enquêteurs nationaux qu’européens.
L’article sous ce lien relate assez précisément cette « épopée » à 250 000 €
https://www.franceinfo.fr/politique/rachida-dati/enquete-france-2-dati-honoraire-gdf-suez-les-troublants-paiements-recus-par-rachida-dati-d-un-cabinet-d-avocats_7291545.html

 


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