Consciences politiques hachées menues par fracturation sociétale

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Liberté Dans Champ De Douilles Redon

3 ans et demi ont passé depuis ce 17/11/2018 et après ce 24 avril, certains ont plus encore de raisons de penser que les GJ sont désormais un épisode révolu de l’histoire. Mais, il est bien connu que la « fin de l’histoire » est une vue de l’esprit pour intellectuels. L’histoire n’est jamais terminée.

Aujourd’hui le découragement submerge nombre d’entre nous, la vacuité des manifestations est mise en avant, la fatuité des réseaux sociaux aussi. Beaucoup d’entre nous veulent tout lâcher, après avoir tant répété qu’ils ne lâcheront rien.

Dès le départ, le terrain était miné. Notre diversité qui pouvait être considérée comme une force devint peu à peu une faiblesse.

Nous pressentions tous que notre meilleur espoir était de nous unir pour former un bloc le plus homogène possible. Mais les fissures menaçaient.

Nous nous voulions apolitiques – ce qui était un non sens puisque nous nous préoccupions de la vie de la société -.
Nous nous voulions apartisans – ce qui est un qualificatif plus adapté même s’il est difficile, au gré des situations, de l’être absolument -.
Ces viatiques de neutralité étaient de beaux préalables mais ne pouvaient suffire.

Alors on a trouvé quelques supports consensuels pour faire ciment.

Se sont alors invités le RIC, des objectifs de réformes démocratiques et constitutionnelles, l’émancipation de puissances oppressives – clairement identifiées par certains, nébuleuses pour d’autres -, et enfin un regain de patriotisme – assumé par certains, accueilli du bout des lèvres par d’autres -.

Par delà les premières revendications « de premières nécessités », à la recherche d’un corpus politique plus « lisible », ont émergé des objectifs programmatiques plus ambitieux.

Malgré ces bonnes volontés, c’est à ce stade que les divergences sont apparues : « Constituants » contre « légiférants », « déters » contre « politiques », « libertaires » contre « patriotes », « fin du monde » contre « fin du mois ».
Ces configurations X « contre » Y sonnaient déjà le glas du mouvement.

Le rejet compulsif de reconnaître le leadership de tel ou tel au prétexte d’un égalitarisme caricatural s’est traduit par un nivellement dévastateur obérant toute possibilité de synthèse.

Se sont ajoutées les ingérences des partis – dont les « infiltrés » ont récemment tombé le masque à l’occasion de cette élection présidentielle -.

Se sont aussi surajoutés les poisons instillés par le pouvoir à l’avantage de polémiques opportunes basées sur la peur et les passions délétères :

Pro vax / antivax, peur du virus ou pseudo pandémie, pro UE ou Frexit, islamogauchiste ou islamo-défiant, pro ukraine ou pro russe, ukro-nazis ou gentils démocrates, et, plus récemment, tout sauf Macron ou tout sauf Le Pen, et OTAN en emporte le vent du côté US ou Il était une fois dans l’Est …

Les convergences sont plus improbables que jamais. « Diviser pour mieux régner » et « régner par la peur », Macron a tout gagné.
… Et pour les législatives, ce sera la même chose.


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