1er décembre 2018

FRANCK D., 19 ans, a perdu son œil par un tir de LBD 40, pose de plaques sur malaire et orbite broyée laissant une immense cicatrice sur le crâne
à Paris le 1er décembre 2018
« On était encerclé de CRS. Mon téléphone a sonné, c’était ma mère qui m’appelait pour me demander des nouvelles parce qu’elle voyait à la télé que le climat était anormal. Je rassurais ma mère. Des gilets jaunes m’ont dit « attention les CRS chargent », je regarde à droite, à gauche, et au moment où je tourne ma tête pour regarder derrière je reçois une balle de LBD 40″ (source AFP Factuel)
Crédit photo : Lucas Barouliet/AFP
ROMAIN, blessé à la tête par un tir de LBD 40
à Paris le 1er décembre 2018
Je m’appelle Romain parti sur Paris avec la fleur au fusil comme on dit et comme seule arme ma voix j’avais pas envisagé de tomber sur un fou furieux de la gâchette


HEDI, 29 ans, a perdu son œil par une grenade de désencerclement
au Puy en Velay le 1er décembre 2018
MICKAEL, joue ouverte
à Nantes le 1er décembre 2018
A 11h, la manifestation des étudiants et étudiantes étrangers contre les frais universitaires débute, encadré d’un dispositif policier excessif. La manifestation est néanmoins festive et très heureusement aucun blessé n’est à déplorer.
A 13h30, part ensuite de la préfecture la manifestation des Gilets Jaunes – contre Macron et son monde – qui démarre déterminée et enjouée cours des cinquante otages direction Commerce.
A Commerce, un cordon de gendarmes mobile bloque subitement le cortège qui refuse de se laisser arbitrairement immobiliser : premiers coups de matraques, hématomes, gazeuse.
Les manifestant.es tentent les rues suivantes mais la BAC et CDI décident de violemment voler la banderole, ne manquant pas de gazer des visages gratuitement à 20 cm et matraquer les personnes qui la tenaient. Plusieurs personnes sont ensuite asphyxiées dans les gaz au quartier Feydeau.
Le mouvement se poursuit dans les rues de Nantes : Quai Turennes, des grenades lacrymogènes sont vulgairement lancées sur les manifestant.es qui tentaient de rejoindre commerce ; Place de la Petite Hollande le cortège est l’objet d’une violente charge : à ce niveau, plusieurs grenades sont tirées, plusieurs en tir tendu, ainsi que des tirs de LBD 40. Au moins une personne est blessée à la jambe. Une autre est gravement blessée par un tir de LBD 40 en plein visage. Elle a été orientée rapidement aux urgences.
Des cortèges se séparent brièvement mais se réunissent au niveau du marché de Noël : à nouveau, la CDI tir des grenades lacrymogènes totalement gratuitement. Celles ci atterrissent dans le marché de Noël en plein milieu des familles. Les uniformes chargent également à ce niveau, bilan : deux personnes avec plaie ouverte à la tête, une fille gratuitement passée à tabac, dans la rue derrière la pharmacie de Paris. Beaucoup d’autres coups de matraque constatés aussi à ce moment-là sans plaies objectivées.
La manifestation s’est poursuivie dans d’autres rues notamment vers la gare où la police a procédé à un gazage massif. Plus tard, ils gazeront encore agressivement toute la place du commerce, forçant les passants à se réfugier et se barricader dans les bars et les restaurants. Une personne a dû être soignée près de Bouffay pour un coup de matraque à l’arcade, plaie nécessitant points de suture encore : il a été attrapé à Commerce vers 18h, passé à tabac dans un camion puis relâché.
Au final, nous avons comptabilisé une quinzaine de blessé.es par des coups de matraque, des jets inconsidérés de grenade, des tirs de LBD 40. Encore une fois, nous constatons que les pratiques policières sont toujours aussi dangereuses.
AYHAN, 50 ans, technicien Sanofi à Joué-les-Tours, main arrachée par une grenade GLI F4
à Tours (Place Jean Jaurès) le 1er décembre 2018
ROLLAND, 64 ans, blessé par une grenade de désencerclement
à Paris 1er décembre 2018
20 jours en réanimation, 10 jours de coma

BENOIT B., 29 ans, gravement blessé à la tempe (œdème cérébral) par un tir de LBD 40
à Toulouse, Gare Matabiau, le 1er décembre 2018
Sorti d’un coma artificiel de 20 jours, le 21 décembre 2018
Benoît manifestait avec sa compagne et ses parents quand il a été touché au visage par une balle de défense. Le jeune homme a été victime d’un traumatisme facial et a dû être plongé dans un coma artificiel. (Source France 3)
ANTHONY, 18 ans, lillois, blessé à l’œil par un tir de LBD 40
à Paris le 1er décembre 2018
JEAN-PIERRE, main fracturée par un tir de LBD 40 à Toulouse le 1er décembre 2018
«alors qu’il descendait de chez lui pour rejoindre le cortège de la manifestation dans le quartier Fer à Cheval» (témoignage du photographe Jérôme Fourcade)
NOEL L., 36 ans, victime d’un tir de grenade lacrymogène reçu dans la tête: 7 points de sutures à Paris le 1er Décembre 2018
FREDERIC R., 35 ans, main arrachée par une grenade GLI F4
à Bordeaux le 1er décembre 2018
CHRISTOPHE L., nez fracturé et le front ouvert par un jet de CANON A EAU
à Paris le 1er décembre 2018

PATRICK K., dit Patoche, blessé à l’oeil par un tir de LBD 40
à Paris le 1er décembre 2018
Opérer de son œil blessé, il nous dit : « Il m’ont opéré de la cataracte, retiré le cristallin mais ils ne m’ont pas mis d’implant j’ai l’iris trop défoncé. En gros je ne vois pas noir mais je vois encore moins. Prochaine opération dans 2 mois avec un implant qui devrait faire quasi la taille de l’œil. Afin de revoir, si pas de complication. J’ai l’œil bien défoncé »
PATRICIA, a reçu une grenade à hauteur de tête. En la repoussant, la grenade a explosé au niveau du bras. Multiples éclats dans les mains et le torse.
à Paris le 1er décembre 2018
Témoignage recueilli par « Le mur jaune – gilets jaunes blessés »
« Je marchais vers l’arc de triomphe pour rentrer chez moi, et y avait personne autour de moi, les affrontements s’étaient calmés, pas mal de gens commençaient à rentrer, et là j’ai entendu des gens dire attention attention (com d’hab lol) et là j’ai vu et sentie un truc me passer devant le visage au niveau de la pommette, je me suis protégée avec mes mains et c’est descendu entre mes côtes et mon bras, ça a fait un gros boum 💥 une nana qui était à 3 m de moi surprise par l’explosion et le souffle est tombé par terre et moi je me suis un peu pliée en deux mais sans vraiment tomber malgré le choc et la douleur.
Des gens sont venus m’aider, ont voulu regarder mes blessures mais je pensais que c’était juste un flashball.
J’avais mon gilet cramé, ma doudoune explosée, mon sweat-shirt, mon T-shirt et mon jean explosé. Je me suis relevé j’ai commencé à marcher et là ça commençait sérieusement à piquer. Donc je suis allé voir des flics.

Ils ont appelé les pompiers qui m’ont transféré aux 1ers secours qui m’ont emmené en ambulance avec 2 autres gars blessés eux aussi par des grenades, à l’hôpital Foch de Suresnes et là, 4H d’attente. J’ai demandé à l’infirmière si je pouvais partir, si ça craignait rien que je me soigne moi même, elle m’a dit oui. Donc je suis partie. Sauf que j’ai vraiment constaté mes blessures une fois chez moi, déshabillée. Et là j’en avais partout.
MERVYN, blessé à la tête
à Paris le 1er décembre 2018
NON IDENTIFIE, jeune homme, blessé à la joue par éclat de grenade
à Paris le 1er Décembre 2018
«je m’éloigne vers l’Arc de Triomphe et tombe sur ce jeune blessé au visage (éclat de grenade apparemment), il semble avoir 15/16 ans, pas plus, en panique/choc»
Photo et témoignage: @Maxime_Reynie

CHRISTOPHE R., gravement blessé aux jambes
à Paris le 1er décembre 2018
« aujourd’hui on a commencé a m’enlever une vingtaine de points, il reste a peu près la même chose a enlever «
« Ils m’ont tiré dessus alors qu’on dégageait un mec inanimé »
LIONEL J., 33 ans, blessé à la tempe (7 points de suture + 1 plan sous-cutané) par un tir de LBD 40 à Paris le 1er décembre 2018
KEVIN P., brûlé au second degré profond à la main gauche (15 jours d’ITT) par une capsule de gaz lacrymogène à Paris le 1er décembre 2018
MATHILDE M., 22 ans, blessée à l’oreille (25 points de suture, acouphènes, lésions internes légères avec troubles de l’équilibre) par un tir de LBD 40
à Tours le 1er décembre 2018
DYLAN, blessé à la jambe par un tir de LBD 40, blessure profonde
à Tours le 1er décembre 2018
ROMEO B., 19 ans, fracture ouverte du tibia (90 jours d’ITT) par un tir de LBD 40
à Toulouse, Place Jeanne d’Arc, le 1er décembre 2018
ELIE B., 27 ans, niçois, fracture de la mâchoire et dent cassée par un tir de LBD 40
à Paris le 1er décembre 2018
« Salut à tous j’aimerai savoir si c possible de porté plainte j’ai ressu un tir de flash Ball dans la tête resultat machoir fracturé, 10 point de suture à la levre et une dent en moin si quelqun pourai m’aiguiller sur ou et comment faire sa serai cool car je ne vais pas en rester là »
ETIENNE P., agent SNCF, fracture du tibia (90 jours d’ITT) par un tir de LBD 40 à Paris le 1er décembre 2018
HUGO C., photographe, journaliste de Konbini, blessé à l’arcade par un tir de LBD 40
à Paris le 1er décembre 2018
« Je circulais en scooter avec ma compagne Alexandra. Nous allions boire un verre ». En chemin, le journaliste dit avoir croisé « des manifestants en train de monter une barricade ». Il n’était « pas identifié comme journaliste », précise-t-il.
En s’approchant de la barricade, il a été « percuté » en plein visage par un projectile venant de derrière lui. « La visière du casque a explosé » et il est tombé.
CHARLINE R., 29 ans, blessée au pied (opération d’extraction sous anesthésie générale) par un éclat de grenade GLI F4 à Paris le 1er décembre 2018
NON IDENTIFIE, blessé par un tir de LBD 40 dans la poitrine
le 1er décembre 2018
Photo : @Maxime_Reynie
ALAIN H., 53 ans, aide médico-psychologique, blessé au cou par un tir de LBD 40 à Paris le 1er décembre 2018. Vidéo
CHRISTOPHER L., triple fracture des os du visage par un tir de LBD 40
à Calais le 1er décembre 2018
JEREMY, blessé à l’épaule par matraquage d’un CRS
le 1er décembre 2018
NON IDENTIFIE, blessé par un tir de LBD 40 au niveau du torse et deux dans le dos
le 1er décembre 2018
CHRISTOPHE, blessé à l’épaule par un tir de LBD 40 avec gazage et matraquage en prime
à Paris le 1er décembre 2018
« Chanter la marseillaise dans la ville des droits de l’homme. Tu as pour cadeau même les mains en l’air des Lbd, gaz et matraque. J’ai honte. L’image des forces de l’ordre car on peut plus appeler ça gardien de la paix quand tu propages la haine »
CHRISTOPHE D., blessé aux testicules par un tir de LBD 40
à Paris le 1er décembre 2018
J’ai reçu un projectile de LBD 40 dans les parties intimes. J’ai du être opéré d’urgence.
Cela fait bientôt 4 mois et j’attend pour être peut être opéré une nouvelle fois. Cette photo a été prise 1 heure avant. J’étais dans la même position quand j’ai reçu le projectile.
ANISSA D., trauma crânien avec plaie ouverte de 5 cm et des acouphènes, touchée par un tir de LBD 40 à la tête à Paris (Bld Haussmann à 13h30 en face de l’hôtel Freidland) le 1er décembre 2018
Actuellement en cours d’enquête judiciaire pour retrouver le coupable de cette bavure.
ALAIN H., blessé au cou par un tir de LBD 40, impact à 2 mm de la carotide et plusieurs points de suture
à Besançon le 1er décembre 2019
« J’ai reçu cet impact, ça a été très violent, raconte cet homme de 53 ans qui avoue avoir encore du mal à dormir aujourd’hui. C’est de la boucherie ! A 2 mm près vous vous vidiez de votre sang, m’a confié le chirurgien. Par rapport à d’autres qui se sont fait mutiler ou éborgner, j’ai eu beaucoup de chance. » (source FBleu)
3 décembre 2018
DORIANA, 16 ans, lycéenne vivant à Grenoble, menton fracturé et 2 dents cassées par un tir de LBD 40
à Grenoble le 3 décembre 2018
« J’ai ressenti un grand coup dans ma bouche. C’était une balle de flash-ball. Ils ont tiré alors qu’ils n’étaient qu’à 4 ou 5 m. …/… J’étais en sang. Lorsque je me suis regardée dans le miroir, c’était affreux. J’avais un grand trou dans le menton par lequel je pouvais respirer, même avec la bouche fermée. J’ai perdu deux dents et je risque d’en perdre d’autres. J’ai été opérée pendant quatre heures. Les médecins ont été obligés de reconstruire ma mâchoire inférieure avec des plaques, des vis, des élastiques »
5 décembre 2018
ISSAM, 17 ans, lycéen à Garges les Gonesse, mâchoire fracturée par un tir de LBD 40
à Garges-les-Gonesse le 5 décembre 2018
6 décembre 2018
JEAN-PHILIPPE L, 16 ans, a perdu son œil gauche par un tir de LBD 40 à Bézier le 6 décembre 2018

RAMY, 15 ans vivant à Vénissieux, a perdu son œil gauche par un tir de LBD 40 ou une grenade de désencerclement
à Lyon le 6 décembre 2018
Ramy raconte qu’il remontait la rue à l’écart de la manifestation lycéenne quand il a été touché. Il pense qu’on l’a pris pour un casseur.
NON IDENTIFIE, lycéen blessé à la joue par projectile de police
devant le Lycée Jean-Jacques Rousseau à Montmorency (Val d’Oise) le 6 Décembre 2018

GUY B., 60 ans, mâchoire fracturée par un tir de LBD 40 
MEHDI K.
MAXIME I.
BENJAMIN